À la rencontre des beaux arbres de Nîmes

Le Jujubier

Texte et photos de Véronique Mure

Le Jujubier
Si à Nîmes on appelle les jujubes « dindoulo », pour les botanistes, le Jujubier a pour nom Ziziphus vulgaris, ou Ziziphus jujuba. Il est de la famille des Rhamnacées, cousin du paliure épine du christ (Paliurus spina christi) et des alaternes (Rhamnus alaternus) de la garrigue. Le botaniste nîmois Casimir de Pouzol (1862) signale que dans tout le département du Gard, le jujubier est couramment surnommé dindoulier et est devenu subspontané dans la campagne nîmoise. A Marseille on appelle ses fruits les « chichourles ».

D’où vient-il ?

Dans son histoire naturelle, Pline l’ancien évoque leur voyage de la Syrie à l’Italie au 1er siècle. Ils furent certainement ensuite introduits en Gaule via l’Italie romaine, mais ils ne deviennent vraiment fréquents en Languedoc qu’à la fin du XVIIIᵉ siècle, se naturalisant dans la région de Nîmes.

Qu’est-ce qui le caractérise ?

Le jujubier est un petit arbre de 6 à 10 m de haut à rameaux épineux (mais il existe des variétés inermes). Il drageonne facilement. Son tronc présente une écorce à l’aspect d’autant plus rugueux et craquelé qu’il est vieux. Son feuillage est caduc, c’est-à-dire que l’arbre est dénudé en hiver. Les feuilles sont oblongues, finement dentées, à stipules épineuses. Elles deviennent jaune en automne. Ses fleurs discrètes, petites, jaunâtres, apparaissent à l’aisselle des feuilles. Bien que les pièces florales soient peu attractives, les fleurs produisent un nectar qui attirent les insectes pollinisateurs (pollinisation entomophile). Les fruits sont des petites drupes (fruit charnu à noyau) de la taille d’une olive. Elles sont ocres, avec un chair d’abord verdâtre puis sombre à maturité.

Usages

À Nîmes, la foire de la Saint‑Michel instituée en 1392, se tient le 29 septembre, jour du règlement des fermages, Frédéric Mistral, dans son « Tresor dóu felibrige » nous apprend qu’on la surnomme la « Fiero di ginjourlo », la « foire aux jujubes ». Les jujubes arrivés à maturité en cette fin septembre, sont alors vendus en cornet par des marchands ambulants. Filles et garçons se chicanant avec ces petits fruits de la taille d’une olive, devenus projectiles. Il s’en vend ce jours-là une quantité incalculable. Son fruit était employé principalement pour les tisanes et pâtes pectorales et adoucissantes. Une pâte de jujubes que l’on suçait pour s’adoucir la gorge. Au milieu du XIXe siècle, la « banlieu » de Nîmes est réputée pour en produire autant que tout le reste de la France selon le Marquis de la Fare‑Alais (1851). La couronne d’épines du Christ passe pour avoir été tressée de rameaux de joncs « armés » d’épines de jujubier (Ziziphus spina-christi).
Un tel arbre existe dans la cour de la synagogue au 40 de la rue Roussy.
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